Zoom sur : JAI, l’e-cig de Big Tobaco dédiée aux buralistes

Zoom sur : JAI, l’e-cig de Big Tobaco dédiée aux buralistes
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Sortie en février et d’abord distribuée dans 7 000 bureaux de tabac, JAI, la cigarette électronique produite par Imperial Tobaco, est désormais disponible chez la moitié des buralistes français. D’où vient JAI ? Qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce que la démarche nous dit des intentions du géant du tabac ? Eléments de réponse avec Ciga.

JAI : 2 e-cigs old school portées par l’industrie du tabac

Tout d’abord précisons que JAI est distribuée par Fontem Ventures, une filiale du géant britannique (propriétaire de la Seita) Imperial Tobaco spécialisée dans la recherche et le développement de produits… sans tabac (sprays, gommes, cigarette électronique).

Il y a quelques années, Imperial Tobaco rachetait tous les brevets dépassés de Hon Lik, inventeur chinois de l’e-cig de première génération, sa société, Dragonite, et embauchait ce dernier comme conseiller et administrateur !

Tout ceci en préparation de la commercialisation d’une nouvelle marque de vaporisateurs personnels exclusivement destinée à la vente en bureaux de tabac : JAI.

Sous cette marque, on retrouve en réalité 2 e-cig :

  • Un modèle à cartouche jetable et à batterie rechargeable type cigalike, mais avec un design revisité plus hype et trendy ;
  • Un modèle classique composé d’une batterie de type eGo et d’un clearomiseur de type Stardust.

Pour compléter cela, des recharges de e-liquides ont été mises sur le marché par le géant du tabac. L’ensemble est donc complètement dépassé sur le plan technologique et ne répond absolument pas aux attentes de la plupart des vapoteurs. Il y a peu de chances que quiconque arrête de fumer avec ce genre de dispositifs…

Mais c’est par 140 commerciaux de la Seita que ces nouveaux venus dans le paysage de la vape française ont envahi le marché. Car les 140 commerciaux ont travaillé à la formation commerciale des buralistes, à la mise en place de PLV (publicité sur lieu de vente) bien visible, etc. Et ce, pour appuyer une stratégie agressive qui ne cache pas ses intentions.

JAI : pour conquérir le marché de la vape et rassurer les buralistes

Voilà en effet l’objectif affiché de ce lancement en fanfare, relayé à grand renfort de papiers et de sujets dans les plus grands médias français. Voilà aussi pourquoi nous avons tardé à traiter le sujet. Mais aujourd’hui cela nous semble important.

Car aujourd’hui, les buralistes représentent 25% du marché de la cigarette électronique. Mais cela ne leur suffit pas. Ils réclamaient donc un produit qui leur soit réservé et qui leur permette de reprendre du poil de la bête. C’est chose faite.

En effet, comme le précise Le Figaro : le produit JAI est fait pour compenser les baisses des ventes des buralistes et leur permettre de dégager plus de marge ! C’est à cela qu’est destinée la cigarette électronique de Big Tobaco et voilà pourquoi, entre autre, sa distribution est exclusivement réservée, en France, au réseau de buralistes !

En outre, via la directrice du développement de Fontem Ventures, le géant du tabac ne cache pas son ambition d’augmenter ses parts sur le marché de l’e-cig. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’industriel est à la table des négociations pour l’élaboration de normes européennes… concernant la cigarette électronique !

D’abord on inonde le marché, les médias, les fumeurs… puis on pousse les pouvoirs publics à créer des règlementations qui favorisent ses propres produits. Du lobbying classique mais qui a fait ses preuves depuis longtemps.

D’ailleurs, la sémantique de Fontem Ventures, pour effrayante, n’en est pas moins transparente. Ainsi, dans une interview accordée à La chaîne de la vape et relayée sur le toujours excellent blog ma-cigarette.fr, Heidi Theys, directrice développement et innovation de Fontem Ventures, emploie les expressions suivantes :

  • « our smokers » (nos fumeurs)
  • « our tobacolists » (nos buralistes)
  • Etc.

Les possessifs qui, malgré la préparation de la directrice du développement de Fontem Ventures, envahissent ses propos, en disent long sur la démarche d’Imperial Tobaco…

Une campagne fondée sur un mensonge

« we are inventors of electronic cigarette » clame Heidi Theys et sa marque avec elle, un peu partout. Et là, on est franchement dans le mensonge et la désinformation. En gros : « comme on a acheté les brevets de l’inventeur de la cigarette électronique, on peut, sans craindre de se faire condamner pour publicité mensongère, affirmer être les véritables inventeurs de l’e-cig… 10 ans après sa création ! »

Il est effarant qu’en France, où, théoriquement, nous disposons de lois protégeant le consommateurs de pratiques commerciales abusives, une marque à la notoriété aussi développée que JAI puisse se permettre de mentir éhontément comme elle le fait. Imaginez un peu si nous, chez Ciga, nous communiquions en disant : « Nous sommes les inventeurs de la cigarette électronique ! ». Inutile d’en rajouter, n’est-ce pas ? Tout le monde voit bien quel genre de conséquences cela pourrait avoir.

Mais non, JAI est portée par Fontem Ventures qui est une filiale d’Imperial Tobaco, qui pèse plusieurs milliards de dollars et possède la Seita, ancienne entreprise nationale de tabac dont la plupart des cadres passent des administrations publiques au privé, sans grande honte non plus… Alors pourquoi s’étonner ?

Continuez donc à vous fournir en boutique spécialisée et si, dans vos proches, certains sont attirés par JAI, ne les en empêchez pas forcément mais gardez sous le coude un équipement performant que vous pourrez leur prêter quand ils seront découragés !

Bonne vape !

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