Tabac : Le lourd bilan économique et sanitaire
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Quelques jours après la Journée mondiale sans tabac, c’est le moment, nous semble-t-il, de dresser le bilan du tabac, toujours plus lourd, tant d’un point de vue économique que sanitaire et humain. Car malgré les recettes fiscales et le bénéfice engendré par les retraites non versées, oui, le tabac coûte beaucoup plus qu’il ne rapporte, et pas seulement sur le plan comptable. Bilan de la drogue légale la plus mortelle qui soit.

Tabagisme actif, tabagisme passif : la mort à tous les niveaux

On sait bien aujourd’hui que 2 fumeurs sur 3 meurent prématurément, qu’au niveau mondial, le tabac tue 6 millions de personnes chaque année et que, rien qu’en France, il est responsable de 73 000 morts chaque année. En clair « le tabac tue plus que les homicides, l'alcool, les accidents de voiture, le sida et les suicides réunis. » (Paris Match).

Mais ce n’est pas tout. En effet, selon l’organisation mondiale de la santé (OMS), chaque année, dans le monde, le tabagisme passif est responsable de 600 000 morts supplémentaires, soit 1 décès sur 100.

Egalement, rappelons, avec Tabac Info Service qui en a fait sa campagne pour la journée mondiale sans tabac de cette année, que :

  • Les fumeurs peuvent développer un cancer du poumon dès 35 ans ;
  • 3 à 5 cigarettes par jour suffisent à multiplier par 3 les risques de faire un infarctus du myocarde ;
  • Les femmes qui prennent la pilule et qui fument en même temps multiplient les risques cardiovasculaires par 10 !

Bref, sous ces données certes peu réjouissantes ses cache une évidence : le tabac est la première cause de mortalité évitable. Et contre le tabagisme, aujourd’hui, une solution a fait ses preuves et s’améliore chaque année sous l’impulsion des acteurs du secteur : la cigarette électronique.

Tabac et argent : un filon pas si rentable que cela

On entend ou lit souvent des commentaires de non-fumeurs et de vapoteurs qui avancent que si l’Etat ne veut pas complètement lutter contre le tabac, c’est pour des raisons de gros sous. Ils n’ont évidemment pas complètement tort. Néanmoins, il apparaît important de rappeler qu’en réalité le tabac coûte beaucoup plus qu’il ne rapporte !

En effet, au niveau mondial, selon latribune.fr, le tabac coûte 2 100 milliards d’euros. Selon le Comité National Contre le Tabagisme (CNCT), le tabac coûterait d’ailleurs à lui seul 120 milliards d’euros chaque année, même une fois déduits les bénéfices qu’il apporte.

N.B. : il faut cependant noter que cette estimation haute pose question, notamment en raison de la méthodologie de calcul qui est remise en cause par de nombreux analystes. Quoi qu’il en soit, comme nous l’évoquions dans notre billet Etat, tabac, e-cigarette et argent : une équation qui pose question, dans le "meilleur" des cas, le tabac représenterait tout de même un coût net de 47 milliards d’euros au minimum !

Pour conclure, citons Pierre Kop, professeur de Sciences économiques à Paris 1 et Philippe Fenoglio, maître de conférences de sciences économiques à Nancy II, dans leur rapport sur les coûts et bénéfices économiques des drogues de 2004 :

« A partir du calcul du surplus des consommateurs et du coût social, ce rapport démontre que les drogues licites (tabac et alcool) et illicites génèrent une perte de bien-être pour la collectivité, perte qui s’élève à 253 688,60 millions de francs. (…) On remarque, en terme de répartition de cette perte de bien-être collectif entre les différentes drogues, les drogues illicites engendrent la perte de bien-être collectif la moins importante. En effet, celles-ci ne sont responsables que de « seulement » 4,79% de la perte de bien-être collectif attribuable aux drogues. Le tabac, quant à lui, génère plus de la moitié (53,02%) de la perte de bien-être collectif totale liée aux drogues, alors que la part de perte de bien-être collectif attribuable à l’alcool s’élève à 42,19 %. »

« Globalement, on peut résumer cette situation par une constatation lapidaire, en affirmant que les drogues coûtent plus qu’elles ne rapportent, mais que les agents privés supportent le coût des drogues, alors que l’Etat en retire, via principalement la fiscalité, des avantages financiers. »

A ce sujet, précisons que même l’assureur Axa a fait le choix de retirer ses billes du monde du tabac en vendant près de 200 millions d’euros d’action, pour environ 2 milliards d’actifs ! « Cette décision a un coût, mais notre conviction est claire: le coût humain du tabac est dramatique, son coût économique est énorme », précise M. Burbel, futur président du groupe.

C’est dire l’impact économique et sanitaire du tabagisme, si même les assureurs, pourtant réputés peu regardant quant aux sources de leurs profits, s’en détachent !

Voilà, c’est tout pour vous égayer le week-end.

Alors bonne vape !

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