Le SnakeOil menacé sur le marché français : info ou intox ?

Le SnakeOil menacé sur le marché français : info ou intox ?
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Si vous suivez un tant soit peu l’actualité de la cigarette électronique, vous n’avez sans doute pas manqué « l’info » selon laquelle le célèbre (et succulent) e-liquide SnakeOil serait menacé sur le marché français. Avec un peu de recul, Ciga fait le point sur cette campagne douteuse initiée… par 60 Millions de consommateurs.

Il était une fois un magazine de « protection des consommateurs »

Tout débute le 21 juillet 2014 avec un article de 60 Millions de consommateurs qui commence par une mise en garde effrayante : « Les personnes qui auraient acheté ce produit (le e-liquide SnakeOil) doivent cesser de l’utiliser, dans la mesure où il n’est pas conforme à la législation européenne ». Stupeur et tremblements : le SnakeOil, ce e-liquide si frais, fruité, best-seller de l’année, serait dangereux ?!

Continuons la lecture, pour comprendre de quoi il retourne. On découvre alors qu’en réalité, ce que le magazine reproche au e-liquide… c’est avant tout son étiquetage ! On y apprend que l’étiquette ne ferait pas état du dosage de nicotine en mg/ml, qu’il ne signalerait pas les risques liés à l’ingestion et au contact avec la peau, que la nicotine est dangereuse et ne comporterait pas les pictogrammes en vigueur, ni de numéro de lot. En outre, est reprochée l’absence de bouchon avec sécurité enfant.

Ouf, finalement, derrière cette accroche démagogique et visant à créer la peur chez les vapoteurs se cache un bête problème de conformité d’étiquette… Beaucoup de bruit pour rien en somme.

Problème : les informations sont fausses…

Eh oui, là où le bât blesse c’est que toutes ces informations… sont fausses ! A l’exception de l’absence de numéro de lot. En effet, jusqu’à maintenant, les flacons de e-liquide SnakeOil ne comportaient pas de numéro de lot. Mais, si c’est appréciable pour la traçabilité des produits, ce n’est en aucun cas obligatoire.

Tout le reste des informations est tout simplement faux : l’étiquette présente bien le dosage de nicotine en mg/ml, ainsi que les avertissements quant à la dangerosité de la nicotine (en anglais, certes). En ce qui concerne le bouchon sécurité enfant, le fabricant les livrait aux revendeurs en plus du bouchon pipette.

En d’autres termes : il n’y avait quasiment rien à reprocher à ce délicieux jus et en tout cas aucun lieu d’affoler la communauté des vapoteurs en faisant croire à un éventuel danger de ce e-liquide.

Simon Wilson s’est mis en conformité…

Aujourd’hui, suite à ce mini scandale savamment orchestré par l’association de protection des consommateurs, le fabricant britannique du célèbre jus s’est mis « en conformité ». Il livre désormais les flacons avec le bouchon sécurité enfant, le bouchon pipette étant fourni à côté. Les étiquettes ont été révisées pour s’assurer d’une conformité parfaite avec la réglementation européenne. Bref, tout va bien, soyez rassurés.

… et 60 Millions de consommateurs joue profil bas

Du côté de l’association, qui avait déjà lancé un scandale il y a un peu plus d’un an, en été 2013, c’est plutôt : « circulez, il n’y a rien à voir ». En effet, à l’adresse de l’article diffamatoire initial, il n’y a plus rien : http://www.60millions-mag.com/actualites/rappels_de_produits/liquide_pour_cigarette_electronique_tmax_dr_stanley_clark_s

Tiens comme c’est étrange. Mis devant leurs erreurs, plutôt que de présenter des excuses et de rétablir l’image du SnakeOil, les « journalistes » de l’association préfèrent la jouer profil bas et font disparaître les traces de leur méfait. 2 jours après la publication de l’article, il était déjà supprimé !

Une intox qui pose problème

Loin d’être simplement anecdotique, cette intox soulève un véritable problème. En effet, déjà l’an passé, 60 Millions de consommateurs avait tenté de ternir l’image de la cigarette électronique en la faisant passer pour aussi nocive que le tabac. Ce qui était déjà faux. Pour cela, elle fondait son argumentation sur une étude dont les protocoles ont depuis largement été remis en question et sur des produits bien spécifiques, qui sont à des lieux des produits habituellement utilisés par les vapoteurs.

Aujourd’hui, elle remet le couvert en se fondant sur une info du Rapex (un fichier européen listant les produits présentant un défaut de conformité avec la législation communautaire), sans vérifier les données. Il aurait suffi aux journalistes de l’association d’acheter un flacon et de vérifier les étiquettes pour s’assurer que le SnakeOil ne présentait aucun danger.

Mais il semblerait que l’association ait pour objectif de tuer dans l’œuf ce qui se présente aujourd’hui comme la meilleure arme contre le tabagisme, et les décès dont il est la cause.

A l’heure où l’Afnor, en partenariat avec différents acteurs de l’ecig, tente de développer des référentiels pour une normalisation des e-liquides et des produits, une association comme 60 Millions de consommateurs devrait concentrer son énergie à réellement essayer de protéger les vapoteurs en oeuvrant, aux côtés des professionnels et des organismes de normalisation, à un encadrement règlementaire des produits de la vape.

Au lieu de cela, elle choisit la désinformation. C’est bien dommage.

Sur ce, bonne vape. 

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