Plan anti-tabac et cigarette électronique : l’absurdité continue

Plan anti-tabac et cigarette électronique : l’absurdité continue
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Aucun vapoteur n’a pu passer à côté de cette information : le 25 septembre, l’amie de l’industrie pharmaceutique, Marisol Touraine, dévoilait son plan anti-tabac, ou plus exactement son « programme national de réduction du tabagisme » (PNRT). Et au menu évidemment : des mesures anti-cigarette électronique. Le décryptage de Ciga.fr.

« J’ai choisi mon camp, celui de la santé publique »

C’est ce que nous dit Marisol Touraine en éditorial de son PNRT. Permettez-nous de nous interroger à ce sujet Mme la Ministre. Car, bien évidemment, en tant que vapoteurs et spécialistes de l’e-cig, nous soutenons vos propositions anti-tabac :

  • Interdiction de fumer dans les parcs pour enfant ;
  • Interdiction de fumer en voiture lorsqu’un mineur de moins de 12 ans est présent ;
  • Neutraliser les paquets de cigarette ;

Ces mesures sont de bonnes mesures ; elles sont frappées au coin du sens et auraient sans doute dû être prises depuis bien longtemps, pour réduire le massacre du tabac, plus de 70 000 morts par an rappelons-le, soit 200 morts par jour et 20 fois plus de morts que ceux provoqués par les accidents de la route.

Nous disons donc oui à ces mesures de la même manière que nous disons oui à votre proposition de « renforcer la transparence sur les activités de lobbying de l’industrie du tabac ». Avec cette dernière proposition, vous prouvez que vous n’avez rien à vous reprocher à ce niveau-là et que vous ne cédez pas au lobbying des cigarettiers. Dont acte.

En revanche, quand vous demandez conjointement à ce que l’on « encadre » la publicité pour la cigarette électronique et qu’on en contrôle de manière drastique l’utilisation et que d’un autre côté vous indiquez qu’il faudra mieux rembourser les dispositifs de sevrage tabagique, qui ont pourtant, depuis plus de 40 ans qu’ils existent, prouvé leur inefficacité, on se demande si c’est réellement le camp de la santé publique que vous avez choisi, et non celui des industries pharmaceutiques ! Nous l’évoquions d’ailleurs dans un précédent article où nous rapportions les propos du père de la tabacologie française, le Pr Molimard, pour qui Marisol Touraine est un « sous-marin de l’industrie pharmaceutique ! »

Car seule la cigarette électronique, non les dispositifs traditionnels de sevrage tabagique, a provoqué la première véritable baisse des ventes de tabac depuis plus de 100 ans. Car seule la cigarette électronique a fonctionné pour plus d’un million d’anciens fumeurs en France (sur les 13 millions de fumeurs que compte le pays, soit presque 8% !) qui sont désormais vapoteurs, libérés de leur dépendance au tabac. Car seule la cigarette électronique permet de se sevrer sereinement, sans trop de stress, sans consultations chez le médecin (qui impactent les comptes de la Sécu, contrairement à une visite dans son magasin de cigarette électronique préféré ; nous ne demanderons jamais à devenir des fonctionnaires de la Sécu, rassurez-vous Mme la Ministre !).

La cigarette électronique comme « entrée dans le tabac » pour les jeunes

Le voilà l’argument ! On croit rêver ! Ceci dit, Marisol Touraine pourrait difficilement invoquer l’inefficacité de la cigarette électronique dans la lutte contre le tabac : les données statistiques prouvent le contraire. Elle ne pourrait pas non plus invoquer la nocivité de la cigarette électronique : de nombreuses études prouvent le contraire et de nombreux médecins la conseillent (plutôt que des patches ou des gommes !) à leurs patients car, selon les mots-mêmes de l’OMS ( !) : « il est très probable qu’en moyenne, l’utilisation des inhalateurs électroniques de nicotine soit à l’origine de plus faibles expositions à des substances toxiques que les produits combustibles », ou encore, dans la bouche du Pr Dautzenberg, et plus crûment : la cigarette électronique est mille fois moins dangereuse que le tabac ! Alors notre ministre invoque l’idée idiote d’une incitation indirecte et d’une « banalisation de l’acte de fumer »…

La plus grande absurdité est donc là : une grande partie de la communauté médicale française est acquise à la cause de la cigarette électronique, présentée par de nombreux médecins comme l’alternative la plus sérieuse aujourd’hui pour arrêter de fumer, mais Marisol Touraine s’acharne à la combattre.

Alors bien sûr, l’idéal est de ne rien faire : ni fumer, ni vaper. Mais face à l’inefficacité flagrante des dispositifs classiques, admettons, à l’instar de ces milliers de médecins, qu’il vaut encore mieux vaper que fumer ! En outre, nombreux sont les tabacologues et spécialistes des addictions qui ont déjà pris position sur le sujet de l’incitation à fumer que représenterait la cigarette électronique. Selon nombre d’entre eux, c’est un non-sens ! Et pourtant, c’est cette position que défend Marisol Touraine, qui impose donc :

  • Une interdiction de vaper dans certains lieux publics (ceux accueillant es mineurs), tous les espaces collectifs de travail (autant dire toutes les entreprises !), tous les transports en commun.
  • Une interdiction de publicité pour la cigarette électronique, effective au 20 mai 2016.

Pourquoi ce plan est odieux ?

Alors certes, direz-vous, finalement, ce plan ne présente rien de grave. Sauf que d’une part l’Etat empiète ici dans ce qui relevait au préalable des prérogatives des chefs d’entreprises : il revenait avant aux patrons de décider si oui ou non ils acceptaient la cigarette électronique dans leurs locaux. Aujourd’hui, c’est terminé : c’est non, c’est Marisol Touraine qui l’a dit.

En outre, on peut s’offusquer que la Ministre de la Santé, au service théorique de la santé publique, décide une fois encore de favoriser l’industrie pharmaceutique et ses dispositifs inefficaces, en grevant plus encore le budget de la Sécu (rappelons que le tabagisme coût déjà quelques 42 milliards d’euros chaque année à la Sécu !).

Enfin, ceci ne constitue sans doute qu’une première attaque contre la cigarette électronique. Que nous concocteront nos dirigeants pour le prochain plan ? Vont-ils finir par interdire les arômes dans les e-liquides ? Interdire l’innovation dans les atomiseurs ? Interdire les mods ? Les atomiseurs reconstructibles ?

Alors oui, nous avons peur. Nous n’avons pas peur pour notre commerce, pour notre activité, pour nos emplois. Non. Nous avons peur parce que nous craignons qu’aujourd’hui et demain des mesures soient prises qui saperont le succès de la cigarette électronique,qui saperont les efforts de millions de fumeurs qui cherchent à se libérer de leur dépendance mortifère. Nous avons peur que le tabac finisse par gagner, parce que des ministres auront voulu favoriser les industries pharmaceutiques.

Bonne vape.

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