NON, l’e-cigarette n’est pas plus dangereuse que le tabac
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Ah ! Un nouveau scandale qui fait vendre du papier, qui génère du clic, qui fait plaisir aux revenus publicitaires de nos grands médias. D’après une étude américaine, la cigarette électronique serait 5 à 15 fois plus cancérigène que le tabac ! Tremblons, nous, pauvres vapoteurs qui, croyant nous sauver, nous condamnons. Ou bien s’agit-il une nouvelle fois d’une vaste fumisterie (vous noterez la précision dans le choix du champ lexical…). Allez, une fois encore, Ciga se penche sur la question mais on vous spoile la conclusion : NON, la cigarette électronique n’est pas plus dangereuse que le tabac.

 

Passons sur l’étude, place aux critiques


Les résultats de l’étude sont bien connus, nos grands médias se sont chargés de la transmettre à grand renfort de titres tapageurs, sans même chercher à consulter un spécialiste, pour avoir son avis sur la question. Non, l’information demande à être fournie brute, sans réflexion et surtout le plus vite possible pour être le premier à récolter un maximum de clics… et les revenus publicitaires qui vont avec. Vive la déontologie journalistique française…

Bref, face à l’absurdité de cette étude annonçant sans ambages que la cigarette électronique serait plus dangereuse que le tabac, Peter Hajek, directeur de la division sur le tabagisme à la faculté de médecine et de dentisterie de Londres conteste l’étude (comme le rappelle quand même Metronews) avec les mêmes arguments que l’Aiduce ou que l’American Vaping Association : le protocole d’étude est absurde et ne tient pas compte des conditions réelles de vape. En effet, les « machines à fumer » qui tirent des bouffées sur les cigarettes de tabac et les cigarettes électroniques, tirent des bouffées… de 100 secondes !

Evidemment, il y a donc production de formaldéhyde : ces machines à fumer provoquent des dry burns (vaper à sec) qu’aucun vapoteur, même le plus fou, ne s’aventurerait à s’envoyer derrière la cravate ! Déjà qu’un tout petit dry burn a tendance à nous faire faire la grimace par son agression pour nos pauvres petites gorges sevrées de la brûlure du tabac, alors un dry burn de 100 secondes…
Gregory Conley, de l’American Vaping Association, fait d’ailleurs un parallèle pertinent : si on fait griller un steack pendant des heures, il sera en effet très cancérigène. Mais qui le mangera ? Il en va de même pour nos chères e-cig !


Un protocole et une annonce de résultats douteux


L’autre point curieux de cette étude est la notion de « voltage », sans évoquer la résistance. C’est faire fi d’une notion de physique pourtant au programme de collège : la loi d’ohm ! Cette loi d’ohm nous dit simplement que la puissance dépend bien sûr de la tension mais aussi de la résistance. Cette puissance détermine la température de chauffe du e-liquide… et donc la production éventuelle de formaldéhyde !

Or, l’étude annonce sans précision que, au-delà de 5 volts, la cigarette électronique produit énormément de formaldéhyde. Une belle ânerie ! Car si je vape à 5V avec une résistance de 3 ohms, je vaperai à 5 pauvres petits watts. Pas de quoi produire même le moindre milligramme de formaldéhyde. Et cela, même 60 millions de consommateurs le sait (c’est dire…).

Par ailleurs, l’étude semble volontairement confondre formaldéhyde et, d’après le docteur Konstantinos Farsalinos, Hemacietals formaldéhyde. Ce qui n’aurait apparemment rien à voir. La synthèse de l’excellent article de ma-cigarette.fr sur le sujet reprend bien les critiques du cardiologue grec.

Enfin, cette étude, tout comme l’étude japonaise qui en était arrivée à des conclusions similaires il y a quelques mois, est réalisée avec des e-cigarettes bas de gamme, le plus souvent même des cigalikes.

Or, en Europe, quasiment personne ne vape sur des cigalikes, aucun vendeur sérieux n’en propose (c’est d’ailleurs souvent chez les buralistes et dans les stations-service que l’on retrouve ces horribles cigalike..), elles devraient effectivement être interdites. Nous en parlions dans un précédent article : ces cigalikes sont plus nocives que bénéfiques. Ici encore, même les associations de consommateurs le disent depuis des mois : les cigalikes produisent très vite des formaldéhydes et de l’acroléine en quantités non négligeables !


Des auteurs de l’étude…


Loin de nous l’idée de chercher à discréditer les auteurs de l’étude. Mais tout de même. Le professeur David Peyton, de l’université de Portland, est, comme beaucoup de chercheurs américains, un mercenaire. Sa recherche n’est pas philanthropique, mais mercantile : il œuvre dans le cadre de sa startup. En gros, ses recherches sont vendues au laboratoire pharmaceutique le plus offrant. D’ailleurs, regardons un peu sa spécialité : le traitement des maladies infectieuses. Regardons son CV : tiens, il a déjà réalisé des études commanditées par l’industrie… du tabac.

Voilà qui explique peut-être pourquoi tout à coup, sans crier gare, un chercheur mercenaire spécialisé dans les maladies infectieuses se lance de manière complètement désintéressée (ironie inside…) dans une étude de santé publique sur les méfaits de la vilaine cigarette électronique qui fait de tant de mal… à l’industrie du tabac qui bichonne notre cher professeur. No comment…


Exigeons une véritable étude sérieuse sur l’e-cigarette !


Ce que nous demandons donc aujourd’hui, c’est que l’on nous fasse une véritable étude sérieuse, avec du matériel réellement utilisé par les vapoteurs (des kits de débutants, des mods, des atomiseurs reconstructibles,  etc.), dans des conditions correspondant aux conditions réelles de vape (vape normale, petites lattes, grosses lattes, aspiration directe, sub ohming, power vaping, etc.), avec des e-liquides de qualité réellement utilisés par les vapoteurs. Ce n’est qu’à ce prix que les chercheurs pourront analyser de manière juste et performante ce qui est réellement produit par nos cigarettes électroniques en conditions réelles de vape !

Car en réalité, nous savons tous depuis longtemps quelles sont les pratiques « saines » et les pratiques « à risque » de la cigarette électronique. Nous savons depuis longtemps que même les meilleurs e-liquides, chauffés à des températures élevées, produisent du formaldéhyde et de l’acroléine. Mais toujours dans des proportions moindres que la cigarette de tabac. Comment le sait-on ? C’est notre gorge qui nous le dit : quand la vapeur contient trop de formaldéhyde, cela nous brûle horriblement la gorge et nous ne pouvons plus vaper.

Allez, à bon entendeur.

Et bonne vape !

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