E-cigarette, positions comparées de la France et de la Grande-Bretagne

E-cigarette, positions comparées de la France et de la Grande-Bretagne
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L’information a largement été relayée par les médias internationaux : une étude britannique, financée par le Gouvernement, a établi que la cigarette électronique est 95% moins nocive que le tabac. S’il va sans dire que les résultats de cette étude auront une influence considérable et rapide sur la politique de la Grande Bretagne en matière de prévention et de lutte contre le tabagisme, qu’en est-il en France ? Analyse comparée de Ciga.

En Grande-Bretagne : vers une reconnaissance de l’e-cigarette pour le sevrage

A la suite de l’étude sur la dangerosité de la cigarette électronique, Ann McNeil, une professeure du King’s College de Londres (donc pas la dernière petite université médiocre du pays…), qui a participé à l’étude, affirme que la cigarette électronique pourrait « changer la donne pour la santé publique », rien que ça !

Aussi, avec d’autres experts, suite à l’étude, largement relayée par les médias (Libération, Sciences et Avenir, L'Express, etc.) qui affirme que la cigarette électronique est 95% moins nocive que le tabac, elle s’engage pour que les médecins puissent être autorisés à prescrire l’e-cigarette comme méthode de sevrage tabagique.

« Les fumeurs qui passent au vapotage réduisent presque tous les risques que fumer fait peser sur leurs santé » a également affirmé le Professeur Peter Hajek, spécialiste de la prévention tabagique.

Tous les analystes s’accordent ainsi à dire que d’ici peu la Grande-Bretagne pourrait changer son fusil d’épaule et autoriser les médecins généralistes à prescrire le vaporisateur personnel comme substitut nicotinique dans le cadre d’un sevrage tabagique. C’est une révolution dans les politiques de santé publiques de lutte contre le tabagisme.

En France : des médecins engagés, des députés beaucoup moins…

Selon notre pneumologue favori, même cette étude britannique pourtant très valorisante pour l’e-cigarette est bien en-dessous de la réalité. Car selon lui, la cigarette électronique serait en réalité 200 à 300 fois moins nocive que le tabac !

En cause la méthodologie de l’étude britannique qui consistait en réalité à évaluer la nocivité relative de différents produits. La cigarette de tabac obtenant un score de dangerosité de 99,6% et la cigarette électronique un score de 4%, la différence relative est de 95%, d’où les multiples titres de journaux.

Comme on peut le découvrir dans l’interview du docteur Dautzenberg par le blog ma-cigarette.fr, le professeur estime que l’étude britannique aura inévitablement un impact sur les politiques des différents pays européens à l’égard de notre vaporisateur personnel. Il appelle d’ailleurs de ses vœux une révision du sujet par la Haute Autorité de Santé.

A ses côtés, de nombreux médecins continuent de militer pour que l’Etat français fasse également évoluer la législation en faveur de l’e-cigarette.

Malheureusement, en attendant, nos élus (qu’on ne peut évidemment pas soupçonner d’être corrompus d’une quelconque manière…) ne sont pas dans cette logique.

  • Le Sénat vient de supprimer le projet de paquet neutre, en commission des affaires sociales. Nous devons donc attendre la séance de septembre pour savoir si la mesure sera réintroduite…
  • Frédéric Barbier par exemple, député du Doubs, propose que l’Etat revalorise la rémunération des buralistes pour compenser leur baisse de CA. Oui, oui, ce n’est pas une blague et l’élu se vante même de sa proposition dans le JDD (article affligeant à lire impérativement). Et ce, alors même que la Cour des Comptes a déjà largement épinglé ces aides injustifiées aux vendeurs de tabac (comme nous le rappelions dans un précédent billet).
  • Une autre, députée girondine, propose une solution encore plus délirante : augmenter la commission attribuée aux buralistes qui vendent le moins de tabac ! Brillant…

Mais c’est au sénateur maire de Sète, François Commeinhes, que revient la palme de la proposition la plus grossière et ouvertement orientée. Ce cher élu affirme tout simplement que la cigarette électronique est un produit du tabac et que sa distribution doit donc être réservée aux buralistes. Il a d’ailleurs déposé l’amendement 448 au projet de loi sur la modernisation du système de santé pour aller dans ce sens en ajoutant à l’article 568 du code général des impôts, qui traite de la vente des produits du tabac par les buralistes, « la commercialisation de dispositifs électroniques de vapotage et des flacons de recharge » au monopole de nos chers buralistes.

Et dire que ces personnes sont supposées œuvrer pour l’intérêt général… Autant dire que l’on n’est pas prêts de nous hisser au niveau de modernité et de pragmatisme de nos voisins d’Outre-Manche avec des élus pareils…

En attendant que la loi évolue,

Bonne vape !

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