L’OMS et la cigarette électronique : le rapport 2014
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Encore un décryptage, oui. En effet, le tintamarre des médias cette semaine suite à un communiqué de l’OMS nous oblige à revoir quelque peu notre programme de publication sur ce blog. Car, encore une fois, les médias nationaux (télévisés, papier, web) se gargarisent de titres tapageurs pour faire du bruit… avec pas grand-chose. Le décryptage de Ciga.fr sur la position de l’OMS en 2014 vis-à-vis de la cigarette électronique.

Attention : racolage actif

Vous connaissiez le racolage passif, eh bien les médias français, eux, viennent de nous donner une bonne démonstration de ce qu’est le racolage actif. Ou quand les revenus publicitaires obligent à tirer un trait sur la déontologie professionnelle…

Car vous n’avez pu les manquer, ces titres catastrophistes, racoleurs et anxiogènes, depuis le début de la semaine. Le monde n’allait plus tourner rond : d’un côté nous avions un remaniement ministériel, de l’autre, l’OMS nous annonçait que la cigarette électronique était dangereuse. A peu de choses près, le ciel allait nous tomber sur la tête.

Bref, ça y était : on ne pouvait plus vaper. C’était devenu aussi dangereux que fumer, voire pire, à lire ces titres tapageurs.

La vérité sur la position, en 2014, de l’OMS sur la cigarette électronique

Sauf que dans les faits, ce rapport se contente de reprendre quelques informations de base que les acteurs sérieux ont déjà largement reprises à leur compte depuis des années :

  • La vapeur des cigarettes électroniques n’est pas de la vapeur d’eau (voir sur ce point notre billet : Comment fonctionne une cigarette électronique, dans lequel nous ne disons pas autre chose). Ceux qui tiennent le discours inverse sont coupables de publicité mensongère.
  • La cigarette électronique délivre de la nicotine, et la nicotine, c’est dangereux (sans blague…)
  • Du fait de la toxicité de la nicotine (et non pas d’autres composés), il est recommandé d’interdire la vente de cigarette électronique aux mineurs (ce que nous faisons déjà en France) et d’en déconseiller la consommation aux femmes enceintes (ce que nous faisons déjà en France).
  • Seul le propylène glycol peut développer des pathologies bénignes (voir sur le sujet notre précédent décryptage : Le propylène glycol est-il dangereux ?)
  • Avec certains vaporisateurs personnels, certains liquides et selon certaines méthodes de vape, la vapeur peut contenir du formaldéhyde et de l’acroléine, parfois en grande quantité. Or, ces deux composés sont cancérigènes et dangereux (Voir notre billet sur le Power Vaping où nous expliquons que le fait de vaper à forte puissance et de chainvaper favorise la production de ces composés et notre article sur les cigarettes électroniques jetables où nous précisons que ces produits ont la fâcheuse tendance de dégager ce type de composés)
  • Etc.

En réalité, donc, le seul point « problématique » de ce rapport concerne le « vapotage passif ». Ce que dit le rapport, c’est que tant que nous ne connaissons pas la composition exacte de la vapeur exhalée, il est préférable, principe de précaution oblige, d’interdire le vapotage dans les espaces fermés, exactement comme pour la cigarette de tabac. Mais sur ce point, certains médecins et spécialistes français indépendants ne sont pas d’accord. Bref, ce sera à nos législateurs de trancher.

Mais précisons tout de même que le rapport statue sur les risques liés à la cigarette électronique de cette manière :

« Par conséquent, il est très probable qu’en moyenne, l’utilisation des inhalateurs électroniques de nicotine soit à l’origine de plus faibles expositions à des substances toxiques que les produits combustibles. »

En d’autres termes : c’est exactement ce que tous les acteurs sérieux de la cigarette électronique se tuent à répéter inlassablement depuis des mois (dont nous-même à travers les billets de ce blog, au passage…).

Vous le voyez, on est loin des âneries proférées par les médias français pour vendre leurs papiers !

D’ailleurs, aucun d’eux ne fournit le moyen de vérifier les informations, pourtant disponibles gratuitement, facilement et en français, sur le site de l’Organisation Mondiale de la Santé. Eh bien nous, par honnêteté intellectuelle, on vous propose de le lire vous-même, ce rapport. C’est là : http://apps.who.int/gb/fctc/PDF/cop6/FCTC_COP6_10-fr.pdf?ua=1

En guise de conclusion…

Ce qui est terrible et qui pose question quant à l’intégrité journalistique de nos médias, c’est que l’une des informations capitales de ce rapport a évidemment été passée sous silence par les médias français. C’est la suivante :

« Récemment, les transnationales du tabac ont pénétré sur le marché des inhalateurs électroniques de nicotine. Certaines d’entre elles concurrencent âprement les sociétés indépendantes pour gagner desparts de marché. Compte tenu du pouvoir économique de l’industrie du tabac, les procédures qu’elle a intentées dernièrement contre des sociétés concurrentes en alléguant la contrefaçon de brevet pourraient montrer combien il est peu probable que les inhalateurs électroniques de nicotine demeurent un marché de niche dominé par des sociétés indépendantes. »

En gros, le danger vient du fait que ce sont les industriels du tabac, assez peu aimés par l’OMS, qui risquent de rafler le marché !

Sur ce, bonne réflexion.

Et bonne vape ! 

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